Le secteur des logements en bois serait en pleine effervescence. Pour aller au-delà des ressentis des uns et des autres, nous avons souhaité donner la parole à un spécialiste qui suit cette question de près…

Tour d’horizon de la construction bois avec Maxime Baudrand, intervenant expert construction bois d’Atlanbois, l’organisme à l’origine du Salon Maison Bois d’Angers.

Début 2011, une étude publiée par le Cabinet Xerfi présente des signes très encourageants pour la filière bois. En quelques jours, l’information s’est diffusée comme une vraie trainée de poudre sur la toile.
Et pourtant en octobre 2004, la presse spécialisée nous annonçait déjà « le boom de la maison bois ». Qu’en pensez-vous ?

Maxine Baudrand :

Cela montre que le développement de la construction bois n’est pas qu’un effet de mode, un boom de quelques mois qui « retomberait » ensuite. Ces deux études vont dans le même sens : le développement de la construction bois a débuté en France à la fin des années 90 et depuis, ce développement ne cesse de s’accroître et il va se poursuivre dans les années à venir.

Côté chiffres, en 2004 la maison bois représentait 4 à 4,5% des nouvelles constructions individuelles. En 2006, elle représentait… 4,5% (malgré l’annonce des 10% d’augmentation annuelle). Où en sommes-nous en 2021 ?

MB :

Ces différences sont le fait d’études réalisées par différents organismes, sans nécessairement les mêmes méthodologies. Elles vont néanmoins toutes dans la même direction : la construction bois gagne des parts de marché. En Région Pays de la Loire, ainsi qu’en Bretagne ou en Poitou Charentes, des observatoires régionaux ont été mis en place et il en ressort qu’en 2021 la part de marché de la maison bois atteint 10 %. Au niveau national, la profession n’a pas encore mis en place un tel observatoire mais cela ne devrait pas tarder.  C’est d’autant plus important que le développement de la construction bois se fait aussi aujourd’hui sur les logements collectifs, les bâtiments publics (écoles, collèges, maisons de retraite …) et qu’il faut suivre également les évolutions sur ces marchés.

En tant qu’organisme organisateur du Salon Maison Bois, vous avez surement une vue d’ensemble sur la typologie des particuliers qui ont recours au bois pour leur projet (construction, rénovation). Alors, ces amoureux du bois, qui sont-ils ?

MB :

Nous voyons deux grands groupes de particuliers : les jeunes familles  qui souhaitent mettre du bois dans leur habitat, dans le cadre de leur premier projet de construction ou rénovation (encore appelés « primo accédants ») et les personnes plus âgées, qui ont déjà construits et s’engagent dans un nouveau projet de maison secondaire. Tous ont en revanche, une réelle sensibilité environnementale et veulent habiter dans un espace sain, pour eux-mêmes et leurs proches. Tous enfin s’interrogent sur les problèmes énergétiques de leur habitat.

Selon l’étude du Xerfi, 20% des Français rêvent d’une maison bois… et seulement 4,5% d’entre eux sautent le pas. Selon, qu’est-ce qui bloque ?

MB :

Est-ce réellement 4,5 % ? Comme je vous le disais précédemment, dans l’ouest, nous sommes plutôt aux alentours de 10 %. Ceci étant, cette différence provient certainement de deux points :

  • une offre de construction bois en cours de structuration – lorsqu’on fait appel à un constructeur de maison individuelle, notamment parmi les plus connus en France, rares sont ceux qui proposent une construction bois
  • un prix qui paraît plus important : le développement de la maison bois a débuté par des maisons plutôt haut de gamme, de style maison d’architecte. Aujourd’hui, grâce à l’industrialisation, des constructeurs peuvent proposer des maisons d’entrée de gamme et répondent à des marchés pour le logement social. Mais c’est encore assez récent. Cette gamme se met actuellement en place.

Côté pro, la filière est-elle prête et structurée ? Notamment sur l’industrialisation, le séchage ?

MB :

Côté séchage, les bois utilisés dans la construction sont tous séchés, aucun doute sur ce point. Côté offre, la filière se met en ordre de marché ; elle se structure. Chaque année est meilleure que la précédente, ce qui permettra d’atteindre les 20 % de part de marché à horizon 2025 !

Parlons origine du bois : que représente aujourd’hui le bois Français dans le bois total utilisé pour les constructions ? Ce pourcentage pourra-il augmenter à l’avenir ?

MB :

La construction bois utilise en structure des bois résineux. La France consomme environ 10 millions de m3 de bois résineux chaque année : elle en produit 7,5 millions, en exporte 500 000 m3 et en importe environ 3 millions. Les scieries françaises les plus importantes investissent actuellement dans des outils de production pour fabriquer les produits bois qu’attendent les constructeurs. Vous trouvez d’ailleurs cette offre au Salon Maison Bois.

Un grand merci à Maxime Baudrand d’avoir partagé avec nous sa vision du marché de la construction bois !

Lecteurs de ce blog, quel est votre sentiment ?

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